à propos d’une exposition à la Galerie Karsten Greeve par Mathilde Fanet, étudiante, photo2020

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Une proposition artistique rare qui s’appuie sur un travail de taxidermie, une pratique non sans écho avec la photographie …

« Perpetually at the Centre », Claire Morgan (14 octobre -23 décembre 2017)
Un tourbillon de copeaux en plastique venant d’un feu d’artifice en suspens. Des graines de pissenlit stoppées dans la pureté de leur chute si délicate. Des corps de plumes et de poils, à jamais immobilisés dans le violent tumulte de leurs passions.
Entre la vie et la mort, le temps semble s’être arrêté au sein de la Galerie Karsten Greve Paris.
Comme un prédateur, c’est à pas de loup que nous venons côtoyer les sculptures aériennes de la si talentueuse Claire Morgan. Devenant nous même partie intégrante de cette suspension temporelle, notre pouls ralentit et nous retenons notre souffle par peur de devenir le coup de vent qui fera tout disparaître.
L’artiste plasticienne est telle une araignée qui passe son temps à tisser des centaines de fils à la verticale. Elle capture ainsi ses proies, transformées en personnages principaux, au cœur de puissantes sculptures oniriques. Son insolite poésie de la chute nous livre la fragilité de la nature et de la vie. Face à ces corps d’animaux naturalisés, emprisonnés dans des tourbillons de flocons, leur destin et le notre s’entremêlent.
La réflexion sur l’être humain dans son rapport avec la nature qui l’entoure est alors inévitable.
Chaque mise en scènes figées se nourrit de préoccupations écologiques et éthiques. Par sa technique et le choix des matériaux, Claire Morgan crée un contraste d’une réelle intelligence. La force répétitive des vaporeuses géométries naturelles, arrosées de confettis en plastique, illustre parfaitement l’état actuel de la la faune, qui essaye de s’adapter tant bien que mal à la vulgarité d’un monde consumériste.
Les corps paralysés dans un mouvement perpétuel nous chuchotent des histoires à l’oreille. Ils nous attirent, nous embarquent et finissent par nous emprisonner. Comprenant ainsi que la fatalité de leur inertie est dû à la simple conséquence de notre présence au monde.
La beauté de l’univers graphique de Claire Morgan est indéniable. Sa capacité à réinventer le mouvement et à capturer le temps fascine autant qu’elle dérange. Notre esprit s’accroche dans sa toile et a bien du mal à s’en défaire. Nous ressortons de la Galerie bouleversés, laissant un dernier courant d’air venant perturber l’équilibre des cubes aériens.



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